Revue Mission n°17 – Prêtre aujourd'hui, le sacerdoce missionnaire

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Revue Mission n°17 – Prêtre aujourd'hui, le sacerdoce missionnaire

Douze : le numéro gagnant

Le Seigneur a voulu construire son Église sur douze hommes. Douze colonnes fragiles dont une tombera à terre pendant la Passion. Le Christ a pris soin de les choisir et de les établir pour propager son message : « Il appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux » (Mc 6, 7).

Bien entendu, les Douze ne sont pas seuls à suivre Jésus. Ils seraient peut-être morts de faim ou de fatigue sans l’aide des saintes femmes pendant leurs missions itinérantes ?! Mais force est de constater que c’est encore aux Apôtres – les Onze – que Jésus ressuscité confie le mandat missionnaire en Palestine et bien au-delà : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15).

Cette structure hiérarchique de l’Église n’est évidemment pas militaire. La distinction entre sacerdoce ministériel – continuation du Christ grand prêtre – et sacerdoce commun des baptisés n’est pas une récompense. Elle indique deux manières de servir la mission. Le baptême est bien le même pour tous et tous sont appelés à être témoins. Cependant, le prêtre a un rôle moteur dans l’évangélisation. Il passe devant, il entraîne les wagons, pareil à une locomotive tirant sa puissance d’un charbon surnaturel. À chaque fois que le prêtre peut déployer son charisme propre, il permet à l’apostolat de porter des fruits avec le renfort de tous les laïcs. Cela est vrai depuis Vatican II. Mais c’était vrai aussi du temps de saint Jean Eudes ou de saint Augustin.

Un essai récent intitulé Augustin avec nous signé du père Emmanuel-Marie et du père Michel (Fayard) nous plonge dans la vie apostolique bouillonnante de l’évêque d’Hippone. Depuis sa conversion, il n’a eu de cesse de répondre à l’appel de Dieu. Un appel qui le pousse à quitter son petit confort de Milan, à revenir en Afrique et à prêcher à des foules bigarrées. « Prêcher, discuter, reprendre, exhorter ; être disponible à tous – voilà une charge considérable, un lourd fardeau, une peine sans fin », confie-t-il car il doit « rassurer les inquiets, consoler les affligés, soutenir les faibles, réfuter les contradicteurs, se garder des rusés, instruire les ignorants ». La grandeur de saint Augustin a été de ne pas se dérober à

l’appel de Dieu mais d’annoncer l’Évangile à temps et à contretemps. Il aurait pu jeter l’éponge, voyant l’Empire romain – que ses contemporains croyaient éternel – couler devant lui. Non, il a imaginé l’annonce du Salut aux barbares de tout poil avec la fécondité ultérieure que nous connaissons.

Il revient aux prêtres de 2026 de répondre à ce même appel. Nous avons parfois l’impression que la France – sécularisée ou islamisée – mute de manière irréversible. Haut les cœurs ! Rien ne nous empêche de continuer à semer la Bonne Nouvelle, appuyés sur l’expérien

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